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Addenda
En 2024, qu'en est-il de la flore observée par Marie-Victorin ?


En duo avec Yves Lavoie


Photographies au collodion humide et photographies numériques
Exposition à partir du 4 août 2024 aux Jardins de Métis.



En 1935, le frère Marie-Victorin publiait sa fameuse Flore laurentienne qui devint instantanément le point de repère de notre compréhension de la diversité des végétaux au Québec. Cet ouvrage représente aujourd’hui un élément central de notre patrimoine scientifique. Une sorte de marqueur temporel de l’état de la biodiversité québécoise. Près d’un siècle plus tard, force est d’admettre que bien des choses ont changé !

On sait combien il est difficile de procéder à un inventaire exhaustif de la faune ou de la flore sur un territoire: le vivant est par définition en mouvement, et ce qui était là hier ne l'est peut-être plus aujourd'hui - ou inversement. Les espèces luttent pour leur espace vital, elles s'envahissent; elles s'adaptent aux nouvelles conditions, ou bien disparaissent: c'est l'ordre même des choses, et le phénomène est tout particulièrement en marche lors des périodes de perturbation des écosystèmes.

C'est justement le cas, ici et maintenant au Bas-Saint-Laurent. En cette époque marquée par d'importants dérèglements climatiques d'origine humaine, des espèces végétales apparaissent dans cette région qui leur était auparavant inhospitalière. Elles font alors concurrence à d'autres déjà installées mais qui soit se trouvent affaiblies par ces mêmes changements, soit se révèlent insuffisamment équipées pour faire face à une adversité nouvelle.

 

Alors, en 2023, qu'en est-il de la floristique établie par Marie-Victorin? Voilà l'objet de ce projet de création, que nous avons choisi de mener en duo.

Le collodion humide est une technique ancienne de photographie, produisant des images de grande qualité et durabilité sur plaques de métal. Leur facture visuelle nous est connue à travers les photos transmises par nos aïeux. Appliquée avec une sensibilité artistique contemporaine, cette technique produit des images à la fois familières et captivantes, permettant un regard nouveau sur notre environnement. Yves en est un spécialiste, et son équipement lui permet de faire des prises de vues tant en studio que dans la nature. Il travaille avec une chambre photo en bois datant des années 1940, donc sensiblement l'époque à laquelle Marie-Victorin créait le Laboratoire de botanique de l'Université de Montréal. L'idée nous est donc venue de parler des changements climatiques et de la crise de la biodiversité qui nous affectent aujourd'hui, et de le faire à travers une sorte d’« amendement artistique» à l'ouvrage Flore laurentienne : nous nous intéressons aux végétaux apparus récemment dans les paysages bas-laurentiens - tout particulièrement ceux dont la présence semble relever explicitement des perturbations environnementales d'origine humaine. Avec un matériel et une technique contemporaine des pionniers de la botanique québécoise, nous produisons des images des espèces végétales qui nous sont contemporaines à nous, en 2023 – autrement dit, la vénérable chambre photographique grand format réalisera avec une technique ancienne des images de végétaux qui n'existaient pas ici à l'époque de sa propre fabrication.

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Découvrez le récit numérique de Michaële Perron-Langlais Revoir la flore laurentienne publié par Radio-Canada sur le projet.

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Yves Lavoie est un photographe autodidacte. Il tient un studio de portrait au collodion humide, un des plus anciens procédés photographiques, à St-Anaclet dans le Bas-St-Laurent. Son approche de la photographie – et particulièrement du portrait – est inspirée de réflexions sur l'importance des objets comme support de mémoire et de transmission. C'est une pratique intime, centrée sur la rencontre, qui laisse place à la co-création avec les personnes qui viennent poser. www.encavale.ca

Ludovic Jolicœur, professeur de botanique à l'Université du Québec à Rimouski, est le collaborateur scientifique de ce projet. Il a inventorié et validé l’identification taxonomique des plantes retenues.

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